Ploërdut compte parmi les plus anciennes paroisses de Bretagne. Son histoire remonte au VIe siècle, lorsque des Bretons venus de Grande-Bretagne s’établissent dans la région. Ils choisissent alors de placer leur communauté sous la protection de saint Idult, mort vers 520. Le nom de Ploërdut trouverait son origine dans l’association du terme breton « plo » ou « plou », qui désigne un village ou une paroisse, et du nom de ce saint.
Construite au XIe siècle, l’église est initialement consacrée à saint Idult avant d’être placée sous le vocable de saint Pierre au XVe siècle. Elle constitue aujourd’hui l’un des rares témoignages de l’architecture romane conservés en Bretagne.

Une architecture singulière
Édifiée selon un plan en croix latine, l’église se distingue par sa longueur, qui contraste avec l’aspect massif de son clocher. Celui-ci, de silhouette trapue, présente sur chacune de ses faces de petites ouvertures évoquant des meurtrières.
Un ossuaire est adossé à cette tour-porche. Il possède une claire-voie en pierre, particularité remarquable puisque ce type d’aménagement était généralement réalisé en bois. À proximité, sous le porche sud, plusieurs sablières portent des sculptures représentant des têtes de crocodiles.
Une nef romane du XIe siècle
Malgré les nombreuses transformations intervenues au fil des siècles, l’édifice a conservé une partie de son chœur, datant des XIIIe et XIVe siècles. Son principal trésor architectural demeure toutefois sa nef du XIe siècle, couverte d’une charpente en bois, conformément à la tradition des églises romanes bretonnes.
Cette charpente présente plusieurs sablières sculptées, ornées de visages humains, d’animaux fantastiques et de petites scènes figuratives.
Longue de dix-huit mètres, la nef s’ouvre sur les bas-côtés par une succession d’arcades en plein cintre. Celles-ci prennent appui sur de puissants chapiteaux en granit, caractéristiques de l’architecture romane.
Dix-neuf chapiteaux aux décors remarquables
L’église abrite encore dix-neuf chapiteaux sculptés, vestiges d’un ensemble qui devait initialement en compter au moins quarante. Les autres ont disparu à l’occasion des différents remaniements de l’édifice.
Ces chapiteaux se distinguent par la richesse de leurs ornements géométriques : entrelacs associés à des cercles, spirales, motifs en damier et autres compositions caractéristiques de l’art roman. Certains de ces décors ne sont malheureusement plus visibles aujourd’hui.
Plusieurs motifs témoignent également d’une influence directe de l’art celtique, soulignant les liens entre les traditions artistiques bretonnes et l’architecture religieuse médiévale.
Par ses caractéristiques architecturales et la qualité de son décor sculpté, l’église Saint-Pierre de Ploërdut présente d’intéressantes similitudes avec les églises romanes de Langonnet et de Priziac.